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25.12.2007
Chronique de la dictature ordinaire
J’ai rarement l’occasion de « regarder » le journal gratuit 20 minutes, mais dés que j’ai l’occasion, j’en profite pour le feuilleter, histoire de « prendre la température » et voir ce que les financiers veulent nous faire avaler comme couleuvres. Je dois avouer que la parution d’hier jeudi 20 décembre 2007 est assez instructive sur ce que l’avenir semble nous promettre.
A la page 6, une page entière est consacrée à la cyber criminalité. On y apprend qu’une « loi d’orientation et de programmation pour la Sécurité intérieure » qui sera présentée début 2008 au conseil des ministres « pourrait autoriser les enquêteurs de police et de gendarmerie à installer des logiciels espions sur les ordinateurs ».
Bien entendu, tout ceci devra être encadré par un juge d’instruction et faire l’objet d’une autorisation de la CNIL et du conseil d’Etat. Cependant, terrible aveu, on apprend quelques lignes plus loin que cette pratique est déjà faite « dans le domaine du renseignement, malgré l’interdiction de le faire ». Comment est-ce possible, la police enfreindrait la loi ?
Encore plus loin, on reconnaît que plus qu’un problème technique, c’est un problème sociétal qui s’annonce « qui [peut] aussi faire tomber toutes les barrières de la vie privée »….. Oups, le mot est lâché, plus de « vie privée ». Ce que les dictatures du XXe siècle n’ont jamais réussi à faire, n’ont même pas pu imaginer dans leurs rêves les plus fous, notre démocratie « évoluée » du XXIe siècle se félicite de pouvoir le faire accepter, et ce, par voie parlementaire.
Il est vrai qu’après la mascarade pseudo-démocratique de la constitution européenne, on peut s’attendre à tout de la part de ces traîtres. Dans l’article au dessous, on apprend que les deux méthodes pour entrer dans un ordinateur sont, soit à distance à l’aide d’un logiciel espion, soit en allant « de manière discrète, consulter le contenu d’un ordinateur, directement chez les suspects ». On s’approche des pires ouvrages de science-fiction et d’anti-utopies.
« Mais, si l’on à rien à se reprocher ? », me direz vous. VOUS, n’avez rien à vous reprocher. Mais qui sait si la police ELLE, n’a pas quelque chose à vous reprocher ?
Le film d’horreur ne s’arrête pas là. Page 8, « l’école obligatoire dés 3 ans » ( au programme de Ségolène Royal, pour ceux qui l’auraient oublié)… Quand on sait ce qui s’y passe. Pour l’instant, ce n’est qu’un rapport qui a été remis à Xavier Darcos, mais rapport qui doit cependant donner lieu à des mesures dés le début 2008. Mesures qui auraient pour but « d’éviter que les parents aient LE CHOIX, selon les jours d’envoyer ou non leurs enfants à l’école ». Parents, remettez vos enfants à l’Etat, il s’occupe de tout ! Quand on voit comment il gère, au choix le budget, la délinquance, l’immigration et l’éducation, c’est vrai que ça donne envie.
Enfin, page 12, deux articles ont retenus mon attention : une brève discrète, signalant de la « prison avec sursis pour un anti-ADN », un faucheur d’OGM ayant refusé de donné son ADN après une condamnation s’est vu condamner à deux mois avec sursis. Rappelons qu’initialement l’empreinte génétique était réservée aux délinquants sexuels… Puisqu’on vous dit que vous n’avez rien à vous reprocher.
Le dernier article est assez significatif de l’évolution de la politique française, on se croirait dans un mauvais remake de La Guerre des Etoiles. « Nicolas Sarkozy pourra parler au parlement ». Même la gauche semble s’insurger faiblement, craignant pour la séparation des pouvoirs, mais trouvant simplement que le projet « n’est pas acceptable en l’état ». Sous entendu, d’accord sur le principe, mais on peut pas baisser le pantalon tout de suite. Vous aviez dit opposition ? Le président à l’assemblée ou au Sénat, c’est la fin de son « immunité médiatique » lui permettant de garder de la distance et gérer la situation en cas de crise gouvernementale. Plus de stabilité, plus de permanence de l’Etat. Comme sans s’en apercevoir, Rome un jour est passée de la république à la dictature, la France est sans doute à la veille (ou peut être même à l’aube) d’y basculer à son tour.
C’est pourquoi, nous le disons haut et fort, la seule vraie opposition est royaliste. La solution n’est pas dans les partis à genoux quoi qu’ils disent devant Bruxelles et l’Elysée, la seule solution est institutionnelle. Oui, nous sommes royalistes, parce que nous voulons une France « hérissée de libertés » concrètes et réelles, parce que nous refusons un Etat centralisateur et oppresseur, parce que comme l’Etat n’a pas à avoir peur des Français, les Français n’ont pas à avoir peur de l’Etat. Nous sommes pour les libertés et le revendiquons, nous ne nous laisserons pas faire, « Ils ne nous auront pas, ils ne nous auront pas vivants » (G Bernanos)
Charvet
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