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25.11.2007
Nos propositions pour l’université
Voici de longues semaines déjà que le débat autour de la loi dite d’autonomie des universités fait rage, ou plutôt le non-débat si l’on considère la faible proportion de ses opposants à l’avoir lue, et l’absence criante de propositions faites en retour. Les éternels étudiants, qui ont fait voeu de ne jamais se confronter au monde du travail, empêchent d’étudier ceux qui ne peuvent pas se permettre de passer leur vie aux crochets de leurs parents, chez qui la loi ne suscite pas non plus un enthousiasme éclatant. Car rien de très ambitieux ou novateur dans ce texte, qui s’il était appliqué ne devrait pas modifier radicalement la situation déplorable dans laquelle s’enfoncent de jour en jour nos facultés. Alors que l’université française traverse actuellement une crise majeure, personne ne semble à même d’apporter des solutions concrètes pour y remédier. Le Centre Royaliste d’Action Française s’est penché sur la question.
Chaque année, c’est à l’Administration d’assumer en totalité la lourde charge financière que constitue l’entretien des universités françaises ; ce qui en retour lui permet de s’immiscer, avec les lourdeurs administratives et pesanteurs idéologiques qui sont celles de l’Etat moderne, pléthorique mais inefficace, omniprésent et centralisateur, dans la machinerie fragile des ex-instruments du génie français. Ceux-ci, sous le coup d’abord d’une gestion lénifiante (manque abyssal d’investissements dans la recherche, coupure radicale entre le milieu universitaire et l’entreprise…), victime d’une orientation par trop égalitariste de la société (aucune sélection à l’entrée, nivellement par le bas dès le secondaire) ne sont plus guère en mesure de répondre aux enjeux du monde actuel, et se retrouvent submergés par la concurrence grandissante des universités étrangères comme celle de nos grandes écoles, désormais devenues les nouvelles filières d’excellence. En d’autres termes, pour libérer l’université de la gaine étatique et lui permettre enfin de respirer, il faut la rendre libre, au préalable, des caisses de l’Etat.
C’est là qu’interviennent les entreprises. Leur quête de prestige pourrait parfaitement les amener à soutenir des projets, ambitieux mais coûteux, par de lourds investissements (mécénat), comme on le voit faire dans le domaine artistique sans que cela implique une quelconque ingérence de leur part; ainsi les universités, davantage libres financièrement, le seraient également de toute idéologie…
De cette manière, il reviendrait à l’Etat de trouver le juste milieu entre d’une part: un utilitarisme marchand qui braderait le rôle moral de l’université dans sa recherche exclusive de l’efficacité; et d’autre part: le lamentable gâchis qui se produit d’année en année avec des étudiants totalement inadaptés au monde du travail. Ce drame étant la conséquence directe d’un état d’esprit hostile à la réalité de l’emploi, une méfiance constante de l’université nouvelle et de ses théoriciens vis-à-vis du monde du travail en général et des entreprises en particulier. Préserver avec le plus grand soin l’enseignement des Humanités et des Arts est l’une de ces fonctions essentielles de l’Etat à laquelle il ne pourra que plus efficacement s’attacher une fois que son attention ne sera plus requise par la masse des filières, dont les affaires l’entravent continuellement, et qui auront beaucoup à gagner comme on l’a dit à s’adapter quelque peu au monde réel. Donnons la liberté, l’autonomie aux université, et n’utilisons l’Etat que comme l’ultime recours qu’il est dans la sauvegarde des choses dites “non rentables”, mais combien indispensables, qui constituent notre patrimoine national, donc à sauvegarder absolument.
Mais quand l’université aura recouvré ses droits, quand elle aura su réhabiliter le principe de sélection et sera désengorgée des masses d’étudiants à qui l’on n’ose pas dire le peu d’avenir qu’ils ont dans cette voie, il faudra bien se résoudre à réformer également les enseignements primaire et secondaire. Car l’éducation est un tout et les étudiants désabusés de demain sont les écoliers illettrés, les collégiens au parcours identique et les lycéens tous bacheliers d’aujourd’hui.
Cette refonte générale, la seule réellement révolutionnaire et salvatrice, l’AF l’appelle de ses voeux, pour que l’université française puisse à nouveau représenter cet idéal d’excellence que les nations du monde nous ont enviée cinq siècles durant, et qu’ainsi une élite nouvelle puisse émerger et redonner au pays la force qui lui a tant fait défaut. Mais au vu de l’impopularité que peuvent susciter pareilles réformes, du courage nécessaire à ceux qui les mettraient en oeuvre, et de ce qu’ils risqueraient face à la rue, l’opinion et l’électorat tyranniques, même lorsqu’il est si peu audacieux que l’actuel texte gouvernemental -d’ores et déjà amputé de ses éléments les plus intéressants- inutile de préciser qu’un régime si instable et précaire que la République ne saura jamais nous mener à quoi que ce soit de très abouti.
Reinelde
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Commentaires
Sommes nous sur terre pour n'être qu'une partie d'un tout ? d'une nation, aussi grandes fussent ses valeurs et sa vocation universaliste...?
La République est égalitariste parce que voilà sa vocation. Elle entend faire de l'Homme un être libre par une méritocratie qui ne s'oppose en aucun cas à la culture pour chacun.
Université vient d'universel et s'oppose etymologiquement à l'idée de selection et de compétition. Avant d'ancrer l'individu dans un tout national, il est nécessaire de lui laisser le choix de vouloir y appartenir.
"L'existance d'une nation est un plébiscite de tous les jours" a dit Renan, et cette volonté n'est point scientifique, imposée par la tradition ou rentable, elle est culturelle, passionnelle et acquise par l'histoire et la culture.
La France n'a jamais été aussi libre et cultivée que sous la République. Faire le choix de la selection et de l'efficience maximale, c'est faire le choix d'un rationalisme qui ne peut conduire qu'à une société moutonnière dans laquelle seul le travail libère - ou quand la littérature ou la culture doivent bien avouer qu'elles ne peuvent être rentables.
Le monarchisme n'est que l'expression d'une pensée réactionnaire et fermée à tout débat visant à améliorer le fonctionnement de la République, pour ainsi faire face aux nouveaux enjeux d'une société toujours plus violente parce qu'inégalitaire.
"Seuls les imbéciles aiment l'ordre ; les génies maitrisent le chaos"-A.Einstein.
Vive la République! Vive le France!
Ecrit par : melandi | 27.11.2007
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