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14.09.2007
Un seul était résistant...

Alors que l’entraineur de l’équipe de France de rugby, frisant le ridicule pour ne pas dire l’indécence, a fait lire à ses joueurs la lettre de Guy Môcquet avant leur premier match de Coupe du Monde, rappelons quelques vérités.
Le 22 octobre 1941, Guy Môquet s’écroulait abattu par les 12 balles du peloton d’exécution allemand. Il n’avait que 17 ans. Une si courte existence et un si tragique destin ! Mais s’il fut une victime de l’Allemagne nazie, Guy Môquet n’a jamais été un résistant.
REFUSONS LA FALSIFICATION DE L’HISTOIRE
Guy Môquet était communiste, ce qui n’enlève rien à la cruauté de son sort certes, mais est indispensable à la compréhension de celui-ci. Contrairement à une certaine légende, entretenue depuis 1945, communiste et résistant n’ont pas toujours été synonymes. Le 23 Août 1939, Staline et Hitler signent le pacte de non agression : pour les communistes de tout les pays et en particulier français, l’Allemagne nazie cesse dès lors d’être l’ennemie. Le PCF dénonce alors la « guerre impérialiste » que la France mènerait contre l’Allemagne. La nuisance est telle que Daladier, président du conseil, prononce sa dissolution le 26 septembre 1939. Le 6 octobre Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste « français », déserte et rejoint Moscou. Le 10 octobre, Prosper Môquet, député communiste est arrêté et déchu de son mandat. Contraint à la clandestinité, le parti n’en continue pas moins ses actions de sape contre la nation : propagande défaitiste, sabotages de matériel militaire au sein des usines qui causeront la mort de nombreux soldats français lors de la campagne de mai 1940.
C’est dans ce contexte de collusion avec l’ennemi que Guy Môquet , militant des jeunesses communistes, sera arrêté le 13 octobre 1940 au métro gare de l’est par des policiers français. C’est donc, non pour faits de résistances, mais pour avoir suivi avec toute la naïveté de son age la position de trahison et de collaboration du PCF qu’il a été arrêté.
Le 22 juin 1941, l’Allemagne attaque l’URSS, le PCF rentre alors en résistance contre cette première, nouveau renversement de situation qui ne fait que montrer que le PCF ne détermine pas sa ligne politique selon les intérêt français…Le 20 octobre, Karl Holtz, commandant des troupes d’occupation de Loire inférieure est assassiné par 3 militants communistes, le cycle infernal des répression commence…Sur ordre des Allemands,Pierre Pucheu, ministre de l’intérieur sélectionne 27 otages, Guy Môquet est parmi eux. Le soleil éclaire la place d’exécution de ses derniers rayons, lueur funèbre. Douze coups de feu déchirent le silence de cette fin d’après midi du 22 octobre 1940.Un jeune homme de 17 ans est mort, mais si horrible que ce destin soit, il n’a aucun rapport avec la résistance.
Si monsieur Sarkozy avait voulu honorer un authentique résistant, il eut du relire de plus près ses cours d’histoire et sortir des poncifs distillés par le parti des « 75000 fusillés » depuis 1945. Il aurait pu découvrir l’épopée du lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves, pur joyau d’héroïsme français. Dès septembre 1940 celui qui a pour devise « Dieu, le Roi » rejoint Londres et se met au service du général de Gaulle. Il revient en France le 21 décembre 1940 pour fonder le réseau Nemrod. Dénoncé, il est arrêté par les allemands en janvier 1941. Refusant de se mettre au garde à vous devant les sentinelles, il est rossé à de nombreuses reprises. A son procès, faisant preuve d’un rare panache, il cherchera à couvrir ses camarades. Condamné à mort le 25 mai, le président de la cour, ému, viendra lui serrer la main. Il ne reste plus pour lui qu’à attendre la mort et rédiger son testament : « Je ne puis préjuger de l’avenir et affirmer dès maintenant si, dans mon action j’ai eu tort ou raison. Mais j’affirme solennellement que je n’ai agi que pour la France et la France seule. Je n’ai eu en vue que la libération de notre patrie. Je crois avoir suivi la tradition de fidélité de notre famille […]. Je crois mériter l’honneur qu’on inscrive sur ma tombe à coté de mon nom « mort pour la France »[…]N’ayez à cause de moi de haine pour personne. Chacun a fait son devoir pour sa propre patrie. Apprenez au contraire à connaître les caractère des peuples voisins de la France.» Le 29 août, dans le petit matin, la salve retentit, son corps se soulève une dernière fois vers le ciel au cri de « vive la France », le premier martyr de la résistance française vient de tomber.
Tragique était le destin de Guy Môquet, magnifique fut celui d’Honoré d’Estienne d’Orves. L’honneur, le courage, la droiture, le pardon, Dieu, la patrie, voila l’exemple pour la jeunesse de France qu’il eut fallu choisir !
Romain Vindex.
22:19 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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