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30.08.2007

Michel Rocard et l'élection présidentielle .

Michel Rocard, récemment invité par le président de la République à participer à un comité de réfexion sur le métier d’enseignent ,confié il y a un an à peine à la revue Enjeux les Echos son point de vue sur l’élection présidentielle.


“je commence à penser que ce principe [ l’élection du président de la République au suffrage universel ] devient dangereux.Pour deux raisons.D’abord,quand le système médiatique en arrive à dominer le système politique au point de choisir le calendrier ,de selectionner les candidats et de choisir les sujets de débat-ce dont on parle,et surtout ce dont on ne parle pas -,la porte est ouverte à toutes les dérives .En suite, l’accès à la télévision est gratuit .Ce prurit de notre système égalitaire a pour résultat [...]de faire des petits candidats [...]les grands bénéficiaires du système .
Par conséquent, notre élection présidentielle n’est plus à titre principale le choix du patron, mais l’étalonnage de l’influence de tout courant politique qui prétend réunir plus de 2% des suffrages. L’accès au second tour est désormais réservé à celui des chefs de coalition dont le corps électoral est le moins éclaté. Autrement dit, le risque est plutôt que Ségolène Royal ne soit pas au second tour de la présidentielle,puisque la gauche compte six candidats .La France joue donc le choix du patron aux dés.C’est ultra-dangereux.”

Certes, son inquiétude pour le test de passage de Ségolène Royal au second tour a été démentie dans les faits. Sans doute faut-il aussi remarquer que, s’il y a eu tant de “petits candidats” c’est sans doute parce que notre système politique n’accorde guère de place à l’expression des pensées dites”minoritaires”, ce qui là encore n’enlève rien à leur éventuel intérêt. Le fait que certaines familles politiques ne trouvent que l’espace médiatique de l’élection présidentielle pour pouvoir s’exprimer et faire connaître leurs points de vue n’est pas, en soi, très sain et apparaît l’une des causes de la frustration de nombreux électeurs, alors tentés de se manifester par un vote plus d’humeur que d’adhésion .
Le grand intérêt d’une monarchie fédérative serait justement, tout en libérant la magistrature suprême de l’Etat de ce “tir aux dés” que craint Michel Rocard, de permettre une véritable redistribution des pouvoirs et contre-pouvoirs au sein de la socièté politique française,par l’application d’une subsidiarité raisonnée et la possibilité d’expression et d’action,au sein des réalités communals, provinciales ou professionnelles, des associations et des citoyens et, donc, des courants de pensée politiques fort nombreux et divers en notre vieille nation historique et plurielle.
Débloquer la vie politique et institutionnelle française passe par cette nécessaire libération de l’Etat, ainsi plus à même de permettre une nouvelle respiration civique dans tous les cercles d’appartenance communautaire et associative qui représentent, non pas toujours la seule réalité française active et effective, mais bien plutôt sa diversité.
D’après J.Ph.C dans l’AF2000

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